Le journal mensuel
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Poème de Baptiste
Rue de poussière rouge
Les ombres lentement bougent
Balet de pierres a travers les feuillages
Pour decrocher un peu de tendresse sucrée
Il parait qu´on en manque
Lorsqu´on nous parle avec des coups
Ici des coups on en mange autant
Que de fruits qu´on vole dans les arbres des voisins
Et les voisins sont nombreux
A vivre les uns sur les autres
Entre coup de main et coup de poing
Entre la télé pleine de blancs qui réussissent
Et la rue pleine de noirs fatigués d´essayer
Entre le silence d´un ivrogne
Assis devant sa maison de briques nues
Et les cris d´un bébé et ceux de sa mère
Parce qu´il n´a pas assez a manger
Parce qu´elle ne sait pas faire autrement
De l`autre côté um enfant passe
Un des ces enfants au visage qui appelle l´amour
Il ramasse une poupée blanche brisée
Un cadeau pour la petite soeur
Quelques moments de bonheur
Entre deux coups de vent
Entre deux coups, et vlan
Une portière claque
L´homme conduit vite, mais il ralentit pour éviter les trous
Ralentirait-il pour éviter un enfant?
Un de ces gaçons qui traversent la rue
Pour aller s´acheter 10 centimes de rêve
Une glace au parfum chimique
Vite oubliée
Pas sûr
Et la voiture de l´homme soulève des nuages de poussière
Qui retombent et s´étalent
S´infiltrent dans les maisons
Abris de fortune sous un soleil de plomb
Boatpeople familiaux prêt à sombrer
Taguant sur des vagues d´alcool
Et qui tiennent malgré tout
Et qu´on nettoie pour sauvegarder les apparences
Mais on efface pas la misère humaine à coup de balai
Et les déchets s´entassent
Dans le jardin entouré de fil barbelé
Où rien ne pousse
Sauf les enfants
Qu´on fait grandir trop vite
Et qui ont des enfants
Sans avoir fini de l´être
Alors entre deux eclats de rire
Entre deux danses frénétiques
Entre deux jeux d´appels sexuels
Les visages se referment
Les yeux se perdent à contempler
Le mur invisible qui étouffe l´espoir
Les corps parlent de quotidien et de résignation
Les peaux racontent trop de blessures pour une si courte
existence
Pourtant les peaux ont mille nuances merveilleuses
Les corps sont puissants et plein de vie
Les visages comme ciselés par le plus délicat des artistes
Des yeux se croisent encore pour rêver ensemble
Et entre eux nait l´espoir
Des mains se donnent autrement que pour frapper
Et entres elles nait l´espoir
Des vies se déroulent non pas pour survivre
Mais pour évoluer
Et dans les rues de poussière rouge
Les ombres peu à peu bougent...
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